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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 11:12

 

Du coup je stresse pas mal : ma sœur habite à l'autre bout de Paris et je me vois mal traverser toute la ville dans cet état. Ma femme m'appelle pendant que j’attends le brancardier pour le retour. Elle me dit que c'est pas possible de rester comme ça et de voir avec le personnel soignant à mon retour dans la chambre. Donc dès que j'arrive dans ma chambre, je m'allonge avec bonheur puis sonne. L'infirmière et les deux externes rappliquent immédiatement, visiblement stupéfaites de voir sonner dans une chambre qui dans leur esprit est déjà vide... J'explique que j'ai très mal à la tête à cause de la PL. Là, elles me disent très clairement que pour elles je suis déjà sorti et qu'il est impossible que je reste dans la chambre. J'explique alors que je pensais prendre le RER pour aller chez ma sœur mais que cela semble difficile dans cet état. Elles m'informent alors qu'il y a eu un grave accident de train et que le RER ne fonctionne pas ! Que l'externe est déjà parti et qu'il n'y a que deux possibilités : soit ma sœur vient me chercher, soit je dois aller me pointer tout seul aux urgences pour être pris en charge là-bas. Les externes ajoutent d'un air malicieux que j'y retrouverai l'interne qui vient de me faire sortir vu qu'il est de garde aux urgences cette nuit-là. Je demande de combien de temps je dispose pour m'organiser et ranger mes affaires, elles me répondent : « Pas longtemps, moins d'une heure en tout cas ». Quelle mansuétude ! J'ai vraiment l'impression de me faire jeter dehors comme un malpropre. J'essaye de joindre ma sœur en sachant bien qu'elle sort tard du boulot et que donc ça va être difficile à organiser. Elle me répond qu'en plus ils sont en panne d'ascenseur (ils habitent au 5ème étage), qu'elle est dans les transports pour rentrer chez elle et que donc c'est pas trop jouable. A ce moment l'aide-soignante sert un repas (surprise!) que je m'empresse de manger, vu que je ne sais pas comment ça va se passer par la suite. Je finis de ranger mes affaires puis je demande à une aide soignante s'il faut faire la procédure de sortie au bureau des entrées avant d'aller aux urgences. Elle va chercher l'externe qui me précise que ce n'est pas la peine qu'ils se débrouilleront et me fait comprendre qu'il faut que je parte tout de suite.

 

Me voici donc tout seul dans l’hôpital, à pied, de nuit, avec un mal à la tête à peine supportable, me dirigeant vers les urgences et en me disant que c'est mal barré. Aux urgences la fille qui tient l'accueil ouvre de grands yeux lorsque je lui explique que je sors à peine d'un service et que j'ai un syndrome post-PL. Elle résume la situation à sa collègue en deux mots et elles échangent un regard genre « On aura tout vu, ils déconnent vraiment grave là-bas, comme si on n'avait que ça à faire de réparer leurs conneries. ». Bref, je rentre dans les urgences proprement dites ou j'erre quelques minutes un peu confus : c'est vraiment très dur de réfléchir quand on a très mal à la tête et on ne comprend pas tout. L'une des filles vue à l'accueil me rattrape et me fait entrer dans le box réservé à l'évaluation initiale. Je raconte donc mon histoire, évalue la douleur à 8/10 en position verticale. Elle me dit qu'elle va essayer de me trouver un brancard puis m'assigne une chaise dans le couloir des urgences à coté de l'entrée. Heureusement j'avais découvert vers la fin de l'IRM que je pouvais rester assis moyennant de rester plié en deux, le menton posé sur les genoux ou presque. C'est pas hyper confortable mais au moins je n'avais pas trop mal à la tête dans cette position. L'avantage des urgences, c'est que personne ne s'étonne de rien dans cet endroit. Les comportements les plus insolites passent totalement inaperçu du moment que vous ne faites pas trop de bruit et que vous n'embêtez pas le personnel. Cela semblait vraiment mal barré : je ne sais pas si c'était le contre-coup de l'accident de train mais les urgences débordaient déjà : plein de brancards dans les couloirs et arrivées fréquentes avec divers accompagnants : SAMU, pompiers, ambulanciers... Je reçois un premier texto de ma sœur me disant que mon beau-frère va venir me rejoindre, puis un deuxième me disant qu'elle va venir aussi, puis que mon beau-frère est arrivé et qu'il attend dans la salle d'attente, puis qu'elle-même est arrivée. Le temps passe... Je suis toujours plié en deux sur ma chaise. C'est pas top, mais je n'ai pas trop mal, ça va, le point de vue est … original ! Je vois plusieurs personnes qui essayent d'attirer l'attention du personnel soignant et qui se font rembarrer... Certains errent un peu à la dérive, ne sachant visiblement pas où ils sont et ils se font raccompagner fermement par le personnel à la place qui leur a été assignée. Enfin, je finis par apercevoir du coin de l’œil l'interne qui m'a traité pendant 2 jours. Nos regards ne se croisent pas, je ne me signale pas spécialement, de toute façon bouger serait douloureux mais je crois bien qu'il m'a vu. Il disparaît un petit moment, puis viens s’asseoir directement à coté de moi. Il se confond en excuse et me dit qu'il s'est arrangé avec le service, vu que je n'ai pas fait ma sortie, il va pouvoir arranger le coup et qu'ils me reprennent. Je lui dis que j'ai aussi ma part de responsabilité, que je n'avais pas réalisé que j'étais mal à ce point avant l'IRM... Toute la conversation se passant avec moi plié en deux sur ma chaise, la tête tournée de coté pour le voir. Lui un peu penché en avant pour entrer dans mon champ de vision. Il part alors négocier avec ses collègues et passer quelques coups de fils et revient rapidement pour me dire que c'est arrangé, que si je peux marcher jusqu'au service, la chambre m'attend. Il me donne aussi une prescription de contramal pour l'infirmière du service. OUF, gros soulagement ! Je retrouve alors ma sœur et mon beau-frère qui m'accompagnent jusqu'à ma chambre. L'infirmière fait une drôle de tête en voyant que je suis finalement accompagné mais quand elle revient quelques minutes plus tard pour dire que la magouille de l'interne n'a pas marché et qu'il faut passer aux admissions, finalement elle était bien contente que mon beau-frère puisse s'en charger. Elle trouvera tout de même moyen un peu plus tard de faire remarquer que l'heure des visites est passée... Décidément que du bonheur ! Elle me donne l'antalgique et je m'installe pour la nuit tant bien que mal.

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Published by xstoffr - dans Sarcoïdose
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