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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 11:27

 

Enfin on a organisé mon retour. Mon lit a été roulé dans le couloir où j'ai été transféré sur un brancard comme dans les films avec quatre personnes qui tiennent le drap et vous porte d'un lit sur l'autre. Dans ce cas on a vraiment l'impression d'être un gros sac de patates... Sauf que sur le brancard, j'avais les pieds posés sur la barre qui je suppose sert généralement à pousser. Les deux brancardiers n'avaient pas l'air d'y accorder d'attention et donc j'ai supposé que c'était peut-être normal, peut-être un moyen de prévenir les éventuels malaises « vagal ». Il faut dire que l'ensemble était recouvert d'un large drap qui masquait largement le problème. Sauf que c'était quand même un peu inconfortable... mais j'avais vraiment encore très mal au dos, donc pas moyen de se tortiller pour se repositionner. On arrive dans l'ambulance et là clairement j'ai la sensation que mes pieds dépassent et que ce n'est pas normal. Heureusement l'ambulancier ferme la porte tout doucement (il a peut-être déjà eu des cas de fractures des pieds) mais je ne peux m'empêcher de replier mes pieds et effectivement après les avoir remis en place, la porte n'est vraiment pas loin. Je prends donc

la décision de risquer de bouger, quitte à risquer une douleur dorsale, et en prenant appuis sur la barre à mes pieds j'arrive à me repositionner. C'est quand même beaucoup mieux comme ça... Je retrouve donc ma chambre après un nouveau transfert « sac de patates »... Vivement que je puisse me lever !

 

Un peu plus tard, j'ai droit pour la première fois depuis mon arrivé au tour, c'est à dire généralement à une invasion de blouses blanches qui vont vous saluer, vous poser une ou deux questions par politesse puis parler de votre cas un peu comme si vous n'étiez pas là et enfin sortir après une ou deux phrases de politesse à votre endroit vous informant de la suite des événements pour la journée. En l’occurrence aucun des envahisseurs ne m'était connu mais aucun n'a pris la peine de se présenter. Un médecin senior, grand, dynamique, séduisant, sûr de lui, les cheveux poivre et sel, précède deux jeunes femmes : une nouvelle interne (la quatrième en 5 jours) et une externe inconnue. Le médecin sénior attaque directement :

  • Alors, ce blood patch, ça vous a soulagé au niveau des céphalées ?

  • Et bien, comme je n'ai pas le droit de me lever, je ne sais pas vraiment (un sourire s'esquisse sur les lèvres de l'interne et de l'externe).

  • Ah, et ils vont ont piqué à quelle heure ?

  • Je ne sais pas, je n'avais pas ma montre (l'interne et l'externe sourient franchement).

  • Oui, et cela fait longtemps qu'ils vous ont piqué ?

  • Je ne sais pas j'ai un peu perdu la notion du temps.

  • Ah, bon, bon, on va aller se renseigner...

 

Et le sémillant docteur, battit prudemment en retraite, suivit de l'interne et de l'externe hilares. La prochaine fois, peut-être qu'il se renseignera avant.

 

Un peu plus tard, j'ai eu l'autorisation de me lever et constaté avec soulagement qu'effectivement les maux de tête avaient disparus comme par magie. Par contre la douleur au dos était encore bien présente et certains mouvements très très douloureux. Je profitais alors de pouvoir rester un peu redressé pour demander à ce que l'on refît mon lit qui n'avait pas été refait depuis plus de trois jours. C'était l'aide-soignante si efficace de la veille qui s'en est chargée et pour une fois, elle n'a pas l'air de très bonne humeur. Je plaisante donc un peu sur ma merveilleuse chemise de nuit d'hôpital hérité de la salle de réveil, sur le fait que c'est un modèle collector car en tissu (il paraît qu'en dehors de la réa maintenant c'est une sorte de papier tissé jetable), sur le fait qu'elle est pourvue de boutons jusque sous les fesses (une petite pensée pour jaddo) ce qui n'est pas toujours gagné et que ça va devenir mon doudou. Elle se déride un peu mais reste préoccupée...

 

Dans l'après-midi j'entends l'interne qui fait une remarque à l'infirmier de la veille, celui qui a failli m'administrer des antibios qui ne m'étaient pas destinés. Et je demande donc à lui parler deux minutes quand elle aura le temps. Je ne l'ai aperçue que deux minutes lors du tour donc je commence par demander pourquoi ça a encore changé d'interne. Elle m'explique que l'interne du service que j'ai donc vu pendant deux jours était de garde la veille et qu'elle la remplace donc pour la journée. Je dis alors qu'il faudra mieux que je vois avec l'autre interne mais elle insiste pour que je lui fasse part du problème. Je lui explique alors en détail ce qui s'est passé la veille avec l'antibio que j'ai failli avoir à tord et l'injection de méthotrexate que je n'ai pu avoir qu'après intervention de ma sœur. Elle est pressée et tente d'abréger mais fini par comprendre que quelque chose d'anormal s'est passé. Et encore, je ne lui ai pas parlé de la fiole d'acupan ! Cet infirmier était à ce moment là une bombe à retardement, tôt ou tard, il se passera quelque chose de grave s'il ne se ressaisit pas ou si quelqu'un n'intervient pas pour lui trouver une occupation où ses erreurs ne mettent pas les patients en danger. J'ai fait ce que j'ai pu pour faire passer le message mais je ne suis pas sûr que cela ait suffi. C'est d'autant plus regrettable que le reste de l'équipe est vraiment au top.

 

Le mal de dos est toujours présent et le soir j'ai vraiment du mal à m'endormir. Je suis partagé entre le fait que le mal de dos n'aide pas à s'endormir et le fait que l'acupan qui pourrait le soulager a des effets secondaires : effets psychotropes, tension, tachycardie qui eux non plus n'encouragent pas au sommeil. Je discute un peu avec la super infirmière de nuit (la même que la veille) puis décide d'aller faire un petit tour dehors devant le pavillon histoire de m'aérer un peu. A mon retour, je suis hélé par l'aide-soignante qui me dit qu'elle m'a mis ce qu'il faut sur la console en face de ma chambre pour que je puisse me préparer pour l'examen du lendemain. Je ne comprends pas et lui rétorque que je n'ai pas d'examen prévu le lendemain, qu'elle a dû se tromper de patient. Elle me confirme que c'est bien pour moi et insiste que ce doit être pour la consultation ou ce que j'ai de prévu demain. Je ne comprends toujours pas mais n'insiste pas et vais voir ce dont elle parle. Il s'agit d'une chemise de nuit et de gants de toilette en papier qui sont posés sur le chariot de distribution des médicaments devant l'office de l'infirmière. Je considère ces éléments d'un air perplexe me demandant bien à quelle procédure hospitalière ils sont destinés, s'il n'y a pas encore une erreur ou un examen imprévu qui serait ajouté... Je fais part de ma perplexité à l'infirmière toujours super-sympas qui me met les points sur les i : « Elles doivent vouloir vous faire comprendre qu'il faut vous laver ». Ah c'est donc ça ! Effectivement, il fait chaud, je transpire assez facilement, l'acupan peut provoquer des sudations importantes et avec les douleurs à la tête puis au dos, je n'ai pas pu me laver aussi fréquemment que ce qu'il aurait fallu... Mais j'avais la ferme intention de me laver le lendemain matin dès le réveil. Je remarque alors que la chemise de nuit est en tissue : C'est signé, c'est l'aide-soignante super-efficace de l'après-midi qui a manigancé le truc et c'est le fait que j'avais besoin de me laver qui la préoccupais pendant qu'elle refaisait le lit ! J'en touche deux mots à l'aide-soignante de la nuit en lui disant qu'elle aurait pu être plus explicite vu que j'ai failli ne pas comprendre et que de toute façon j'avais l'intention de me passer au carsher le lendemain matin. Elle tente d'éviter le sujet puis face à mon insistance m'explique que certaines dans l'équipe n'osaient pas le dire, mais qu'elle avait osé même si d'une matière détournée. Cette délicatesse des aides-soignantes m'a touchée même si ce n'était pas très efficace et si je suppose qu'avec une personne agée en perte d'autonomie elles auraient pris moins de gants.

 

Le lendemain j'ai à nouveau droit au tour, avec le même docteur senior que la veille mais à nouveau l'interne du dimanche-lundi. C'est également la visite de sortie et je vois très nettement la différence avec la visite du vendredi :

  • Il se préoccupe de la continuité des soins : vérifier en détail que je sais bien comment procéder pour prendre rendez-vous avec LaSuperSpécialisteDeNeurosarcoïdose pour la suite du suivi.

  • Il se préoccupe également de mon devenir à la sortie. Comme je lui dis que je vais peut-être passer la nuit chez ma sœur, il me dit qu'effectivement ça serait peut-être mieux que de rentrer directement chez moi en train.

  • Il s'assure que j'ai bien toutes les prescriptions nécessaires.

  • Il prend le temps de m'écouter lorsque je demande à reparler de ma fausse sortie du vendredi soir et semble effectivement convenir qu'il n'est pas normal que je me sois retrouvé tout seul dehors alors que j'avais très mal. Je pense qu'il était déjà au courant de ce qu'il s'était passé mais le fait que j'en reparle et que j'insiste un peu l'incitera peut-être à en reparler avec les personnes concernées.

 

Je peux enfin sortir ! Ma sœur et ma nièce viennent me prendre en charge pour ma sortie et après un excellent moment avec elles, je peux enfin prendre le train de retour ! Il aurait peut-être été plus prudent de passer le nuit chez ma sœur comme elle me l'a proposé mais j'ai vraiment très hâte de retrouver ma femme donc je décide de tenter le coup. La dernière demi-heure de car sera assez pénible à cause du mal de dos mais je suis si content de rentrer chez moi et retrouver ma femme que ce n'est vraiment pas le plus important.

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Published by xstoffr - dans Sarcoïdose
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