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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 11:56

 

Je profitais de la mâtiné pour faire connaissance avec mon charmant nouveau voisin arrivé tardivement dans la nuit.

 

Et puis arrive l'heure de l'opération... et la suite de mon calvaire ! Le brancardier chargé de mon transfert arrive avec un fauteuil roulant ! OUPS ! Je rappelle donc que je ne peux pas me redresser sous peine de maux de tête à 8 sur 10. On me répond que c'est l'interne qui a prévu ça et qu'il est trop tard pour commander une ambulance avec brancard car il y a un délai de 24h, que ce n'est pas très loin et que sinon il va falloir reporter l'opération... Je me dis qu'on va donc essayer et je m'installe dans le fauteuil... pour constater qu'il n'a même pas de repose pieds ! Et la douleur revient d'un coup, fulgurante, m'obligeant à me plier en deux. Je proteste donc sur l'absence des reposes-pieds et on me répond que c'est tout ce qui est disponible ! Je n'ai même pas la possibilité d'argumenter plus, l'ambulancier se met à me pousser et nous voilà donc parti dans les couloirs, moi plié en trois sur le fauteuil roulant : la tête penchée le plus possible en avant pour éviter les maux de tête et les jambes repliées sous le fauteuil pour éviter qu'elles ne traînent par terre ! Lorsque le brancardier arrive au niveau de l’ascenseur, il s'arrête d'un geste un peu brusque et je manque de justesse de m'étaler en avant. Je crie donc mais le brancardier trouve juste à répondre que c'est ma position qui déséquilibre le fauteuil ! Un aide-soignant du service rencontré à ce moment pose bien une ou deux questions et a l'air de pas trouver ça normal mais ça n'arrête pas notre brancardier qui s’engouffre dans l’ascenseur. On se retrouve sur le parking et le brancardier échange bien quelques paroles de loin avec une personne que je ne peux pas voir (je suis concentré sur le fait ne pas tomber du fauteuil) où il est vaguement question de voiture, mais finalement et sans que je ne sois consulté, notre brillant brancardier décide de s'engager directement sur la route. A partir de ce moment il ne cesse de me rassurer sur le fait qu'il n'y est pour rien, que ce n'est pas lui qui a choisit le mode de transport, que c'est très pénible pour lui aussi et surtout que ce n'est pas très loin !

 

Oui, enfin, ça me fait une belle jambe tout, ça, moi qui suis dans un équilibre précaire, incapable de voir où l'on se dirige mais pleinement conscient que cet imbécile est en train de me pousser en fauteuil roulant au milieu de la route principale de l'hôpital, parmi la circulation d'ambulances et de médecins qui heureusement sont plutôt rare à cette heure ! Au bout d'un moment, je n'y tiens plus et exige que l'on fasse une pause. J'ai alors la possibilité de reposer mes pieds sur la chaussée (en chausson!) pour poser mes bras et ma tête sur mes genoux et reposer l'ensemble qui sinon restait en tension permanente. Je suis donc là immobile au milieu de la rue avec le brancardier qui n'arrête pas de me dire qu'on est bientôt arrivé. Je me contente de répondre que c'est vraiment n'importe quoi ! On finit par repartir mais cet idiot, sans doute pour gagner du temps, voyant qu'on approche du bâtiment des urgences situé sur notre gauche décide de couper au plus court et se met carrément à rouler à contre-sens. Je réalise alors avec terreur qu'il y a une rue qui arrive sur notre gauche, que les voitures en stationnement me masquent complètement et que donc si une voiture débouche de cette rue au moment où nous arrivons, je me trouverai instantanément décapité. Dans ce cas, même si le bâtiment des urgences est à quelques mètres, mes chances de survies seraient alors totalement nulles !

 

Enfin, nous pénétrons dans le bâtiment et à défaut d'être plus confortable ma situation devient plus rassurante. Je reconnais au passage le couloir où j'ai passé de long moments inconfortables 3 jours plus tôt ce qui me remotive pour l'opération.

 

Nous arrivons enfin à destination où la personne chargée de m’accueillir est un peu interloquée par la situation. Avec le brancardier, ils veulent à tout pris m'aider à monter sur le brancard, ce que j'aurai pu faire tout seul et ils ne trouvent rien de mieux à faire que d'aussitôt relever le dossier ! Je proteste de manière véhémente et obtient qu'ils me remettent en position horizontal. Ils commencent alors tranquillement à discuter de mon retour et de quand le brancardier reviendra me chercher. Visiblement, pour éviter de perdre des patients, il y a une règle qui veut que sauf cas de force majeure (et cette galère visiblement n'entrait pas dans cette catégorie), c'est le brancardier qui emmène un patient qui est responsable de le ramener à bon port.

 

Et là j'ai dit « NON ». Un grand NON, clair et définitif. Ça les a stoppé net !

  • Comment ça non ?

  • Non, je ne repartirai pas en fauteuil !

  • Mais, euh, c'est pas possible, vous devez-

  • NON, je ne repartirai pas comme ça. Vous vous débrouillez comme vous voulez mais ça, c'est pas possible.

Ils n'ont pas insisté, ont fini leur transaction à mi-voix et d'autres personnes sont venu pour me rouler un peu plus loin, non sans tenter une nouvelle fois de redresser mon dossier ce qui a provoqué les mêmes protestations véhémentes de ma part.

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Published by xstoffr - dans Sarcoïdose
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