Samedi 28 janvier 2012 6 28 /01 /Jan /2012 15:44

J’étais très fatigué et souvent malade.
Je suis allé voir le médecin, il a fait des examens.
C’était pas concluant, il m’a fait comprendre qu’il ne voulait plus me voir.

J’ai changé de médecin.

Le nouveau médecin a fait des examens.
C’était pas concluant, il m’a envoyé voir un ORL.
C’était pas concluant, il m’a envoyé chez un psy.
Le psy a dit que c’était pas une dépression, juste une grosse fatigue.
Le médecin a dit que c’était une dépression.

J’ai changé de médecin.

Le nouveau médecin a fait des tas d’examens.
C’était pas concluant, il m’a renvoyé voir l’ORL.
L’ORL a fait des examens.
C’était pas concluant.

J’ai changé de boulot, déménagé et changé de médecins.

J’ai commencé à avoir de grosses douleurs articulaires.
Le nouveau médecin a prescrit des anti inflammatoires.
J’ai plus eu mal.
Le médecin a fait des examens. C’était pas concluant.
Le médecin a arrêté les médicaments. J’ai eu à nouveau très mal.
Le médecin m’a envoyé voir un rhumato.
Le rhumato m’a prescrit des corticoïdes. J’ai presque plus eu mal.
Le rhumato a fait des examens. C’était pas concluant.
Le rhumato a fait d’autres examens. C’était pas concluant.
Le rhumato a fait d’autres examens. C’était pas concluant.
Le rhumato a fait un scanner des poumons. C’était concluant, j’avais une sarcoïdose.
Le rhumato m’a dit qu’il voulait plus me voir.

J’ai changé de spécialiste.

Le pneumologue a arrêté les corticoïdes. J’étais très mal, j’ai commencé à avoir des troubles neurologiques.
Le pneumologue a fait d’autres examens. C’était concluant, j’avais une sarcoïdose.
Le pneumologue m’a prescrit une forte dose de corticoïdes. J’ai commencé à aller mieux.
Le pneumologue a baissé les corticoïdes. J’étais très mal.
Le pneumologue a remonté les corticoïdes. J’ai commencé à aller mieux.
Le pneumologue savait pas quoi faire il m’a envoyé voir un professeur.
Le professeur a prescrit d’autres examens. C’était pas concluant.
Le pneumologue a baissé les corticoïdes. J’étais très mal.
Le pneumologue a remonté les corticoïdes. J’ai commencé à aller mieux.
Le pneumologue a plus su quoi faire. Il m’a fait comprendre qu’il ne voulait plus me voir.

J’ai arrêté de voir le pneumologue.

Mon médecin traitant ne savait plus quoi faire. J’ai continué à prendre des corticoïdes.
Mon médecin traitant m’a fait comprendre qu’il ne voulait plus me voir.
Je me suis accroché, j’ai continué à aller le voir.
Mon médecin traitant m’a envoyé revoir le professeur.
Le professeur a dit que je faisait une dépression.
J’ai dit que je ne faisait pas une dépression.
Il m’a pas cru.
Je l’ai pas cru.
Il m’a envoyé voir un neurologue.
Il m’a fait comprendre qu’il ne voulait plus me revoir.

J’ai changé de professeur.

Le neurologue a fait des examens. Il a dit que c’était pas concluant.
J’ai vérifié j’ai trouvé que c’était concluant.
Je lui ai écrit pour lui dire que c’était concluant. Il a pas répondu.

J’ai changé de professeur et été voir un nouveau spécialiste.

L’interniste a baissé les corticoïdes un peu moins que les fois d’avant. Il s’est rien passé.
L’interniste à rebaissé les corticoïdes comme les fois d’avant. J’étais très mal.
L’interniste à remonté les corticoïdes. J’ai commencé à aller mieux.
L’interniste m’a envoyé voir un professeur de médecine interne.
Le professeur de médecine interne a prescrit du méthotrexate. J’ai commencé à aller beaucoup mieux.
On a baissé les corticoïdes. J’ai commencé à aller mal.
On a remonté les corticoïdes. J’ai commencé à aller mieux.
On a baissé les corticoïdes. J’ai commencé à aller mal.
On a remonté les corticoïdes. J’ai commencé à aller mieux.
J’ai écrit une lettre à l’interniste et au professeur de médecine interne.
L’interniste m’a renvoyé voir le professeur de médecine interne.
Le professeur de médecine interne a dit que les résultats d’examens n’étaient pas concluant.
J’ai dit que les résultats d’examens étaient concluants.
Il a pas insisté.
J’ai pas insisté.
Il a dit que je faisais une dépression.
J’ai dit que je ne faisais pas de dépression.
Il m’a pas cru.
Je l’ai pas cru.
Il n’a pas répondu à ma lettre.
Il a prescrit un examen. C’était pas concluant.
Il a prescrit une augmentation du méthotrexate. J’ai commencé à aller beaucoup mieux.
Il a prescrit des antidépresseurs. Je les ai pas pris. J’ai pris rendez-vous chez un psy.
Le psy a dit que je ne faisais pas de dépression.
L’interniste m’a fait comprendre qu’elle ne voulait plus me revoir.
Je me suis accroché, j’ai continué à aller la voir.
On a baissé les corticoïdes. J’ai commencé à aller plus mal.

Bref, J’ai une sarcoïdose.

Exercice de style à la manière de Bref. (attention certains passages sont un peu trash, l’esprit de canal quoi…). J’ai fait un peu plus long que le format d’origine mais je pense que ça aurait été moins bien coupé en deux épisodes.

Je ne sais pas si c’est rigolo à lire, en tout cas c’est rigolo à écrire et ce n’est pas inintéressant. Il est possible par ce biais de faire ressortir des éléments récurrents qui ne sont pas évidents à mettre en évidence autrement : les médecins qui baissent les bras les uns après les autres, l’aspect très mécanique des alternances d’amélioration et de détérioration de mon état en fonction des modifications de traitement, les médecins qui renvoient vers les psys sans raison lorsqu’il font face à une fatigue importante alors que les examens ne sont pas concluants…. Comme quoi, il n’est pas toujours nécessaire de faire de longues phrases pour dire quelque chose d’intéressant.

Par xstoffr - Publié dans : Bulletin de santé / Humeur
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